Coro Vivo Ottawa concert de printemps – narration

Que l’on pense à l’intolérence, à la pandémie, à la guerre ou encore à la crise climatique les dernières années n’ont pas été de tout repos. Bien qu’inspiré par ces temps difficiles, le concert de ce soir n’a pas pour thème le désespoir mais bien son antidote l’espoir. Un espoir vif, actif et concret où l’on prend les choses en main.

C’est un hymne à l’eau, particulièrement sonore, qui a donné son nom à notre concert : NIBI.

Crée par Andrew Balfour, un compositeur de la Nation Crie originaire de Winnipeg, Nibi a été commandée pour Coro Vivo Ottawa par un de nos anciens membres Ron Robin en l’honneur de sa défunte épouse Pam, membre et fondatrice de notre chorale.  Ron et Pam ont contribué de manière exceptionnelle à titre d’administrateurs, responsables des levées de fonds, réels champions de l’excellence artistique et des voix calmes et posées dans les moments difficiles.  Tous deux ont fait preuve d’un leadership inégalé à chaque décennie d’existence de la chorale.

L’espoir de Ron? Un concert inspiré par cette magnifique pièce qu’est Nibi reflétant la passion de Pam pour la nature et sa compassion envers ceux qui s’émeuvent devant sa beauté.

Ron souhaitait un appel aux armes plein d’espoir pour que l’après-Covid ne soit pas seulement un retour à la normale mais quelque chose de plus grand.

C’est précisément ce qu’a réalisé notre directeur artistique Antonio Llacca.  Un programme qui célèbre la nature et nous inspire, qui éveille notre conscience et qui reconnaît que notre dette envers notre Terre mère en est aussi une que nous avons les uns envers les autres.  Chaque pièce évoque la relation que nous avons avec la Terre et avec nos semblables.

Commençons par une grande célébration avec The Heavens are Telling (oratorio, The Creation) de Joseph Haydn. Son message est que rien ne prouve la présence du Divin aussi bien que les beautés du monde qui nous entourent.  Suivra ensuite une pièce du compositeur cubain Esteban Salas, Los quatro elementos. Une pièce baroque nommée villancico où les quatre éléments (l’eau, la terre, le feu et l’air) se disputent l’attention du Christ nouveau-né.

Cher public, Coro Vivo!

 

******************

 

La prochaine pièce en est une romantique. Deux amants blottis l’un contre l’autre dans une chambre où l’on entend le bruit de la pluie sur la fenêtre.  Ils imaginent les cadeaux que cette sœur leur apportera dans les champs et dans les forêts. Crée par le compositeur canadien Sid Robinovitch sur les paroles d’une poétesse de l’Uruguay (nominée au Prix Nobel), féministe du début du 20ième siècle Juana de Ibarbourou, Noche de Lluvia nous transporte dans un univers sensuel.

Lili Boulanger était une parisienne, contemporaine de Ibarbourou et ce jusqu’à sa mort prématurée à l’âge de 24 ans en 1918.  Véritable prodige de la musique, elle est devenue la première femme à remporter le Prix de Rome (Prix de composition) et a composé plus d’une douzaine d’œuvres dont l’Hymne au soleil que nous vous présentons ce soir.  Dans un décor du 19ième siècle imaginé par le poète et dramaturge français Casimir Delavigne vous pouvez entendre le lever triomphant du soleil et l’éveil de la nature.

D’une chanson d’amour composée à l’aube de le Première Guerre Mondiale nous nous tournons maintenant vers un psaume pour l’humanité inspiré par les grands enjeux d’aujourd’hui.  Where then could pain find a hold? Une pièce de l’auteur compositeur d’Ottawa David Rain a été dédiée aux employés du secteur de la santé et de première ligne durant la pandémie de Covid19 en février 2020. Il fait appel à chacun d’entre nous et nous demande de trouver l’amour qui réside en nos cœurs.  Quand on y arrive, la douleur n’a plus de prise, le chagrin ne nous touche plus et les vieux amis ne se querellent plus.  Ce souhait de David Rain se réalise à la pièce finale de la première moitié de notre concert avec la pièce de John Rutter; For the Beauty of the Earth.  Elle nous rappelle que le monde auquel nous aspirons est à portée de main. La beauté de la Terre, des collines et des vallées, des arbres et des fleurs et la joie de l’amour humain inspirent ce chant exaltant.

 

*******************

 

Tel que promis, pour cette deuxième partie de notre spectacle, nous vous présentons ce soir en grande première mondiale Nibi, d’Andrew Balfour. Suivi de deux autres pièces d’origine autochtone d’Amérique du Nord.  Nibi signifie eau en langue Ojibwe et on ne pouvait trouver meilleur symbole pour porter le message de notre concert.  L’eau renouvelle, l’eau purifie, l’eau coule et elle s’adapte. Vous entendrez toutes les subtilités et les caprices de l’eau dans cette merveilleuse pièce de Balfour.

Les femmes de la chorale poursuivront ensuite avec deux pièces chantées dans les langues autochtones du Mexique.  La première, Nan lu’um k’inal est un cri du cœur pour les Mayas de la région du Chiapas chantée dans la langue de Tojolab’al.  L’auteure compositrice María Roselia Jiménez Pérez adapte une chanson traditionnelle Tojolab’al suppliant la mère Terre, la grand-mère lune et le grand-père soleil pour leur bénédiction.

C’est suivi par Hant Ihyao iiya, adapté par Leticia Armijo, une des compositrices mexicaines les plus prolifique et championne des femmes mexicaines en musique.  Les paroles sont en langue Seri, parlée aujourd’hui par tout au plus 1000 personnes dans la région de Sonora au Mexique. Dans cette chanson une femme s’émerveille devant les beautés de la création alors qu’elle marche sur la Terre.

Mais d’abord : d’Andrew Balfour, Nibi!

 

********************

 

La dernière partie de notre programme commence par deux pièces très expressives en hébreu. La première est comme le décor d’un poème Chupat Ha’Techelet, une canopée de ciel bleu de l’auteure et poétesse Israélienne Rachel Shapira.  Elle appelle ce poème une chanson d’amour à Jérusalem mais son essence consiste en cette capacité qu’a la nature à évoquer de grandes émotions.

La deuxième chanson, B’shanah Ha-ba’ah, est de la compositrice contemporaine et très prolifique Nurit Hirsh d’Israël. Cette pièce est souvent interprétée de façon festive, voire exubérante.  Ce décor bien plus contemplatif semble parfait pour accueillir les paroles du poète Israélien Ehud Manor qui réflètent notre volonté présente d’émerger de cette quasi hivernation imposée par la pandémie. L’année prochaine, nous nous bercerons sur la galerie, nous compterons les oiseaux qui passent, les enfants en vacances pourront jouer et courir entre maisons et champs.

 

**********************

 

Notre programme a célébré la nature et notre place d’humain au sein de celle-ci.   Pour notre pièce finale, nous invitons la nature à chanter avec nous. Vraiment nous invitons la nature à prendre la parole.

Du compositeur Larry Nickel originaire de Vancouver nous vous présentons une version chorale du saxophoniste Paul Winter, Lullaby of the Great Mother Whale qui devient Mother Whale Lullaby. Notre chorale accompagnera le chant d’une baleine, vous en aurez la chair de poule.  Lorsque la chorale murmure, la baleine nous indique la fin du concert et nous permet de rentrer chez nous avec un nouvel espoir et la volonté de faire une différence dans le monde.